Test d'embarquement :


Le Capitaine vous attend à l'embarquement. Sa mine n'annonce rien de bon...

Moins de 8 points d'embarquement.

Vous êtes une mignonne peu farouche ?
« Montez, ma petite... ma cabine est au fond de la coursive... »

Sinon vous ne souscrivez pas aux dures conditions du voyage.
« Rebroussez chemin, vermine !
Ne vous désolez pas de vous sauver ainsi la mise.
Là où nous allons tous, nous avons besoin d’un équipage qui compte fort (au moins jusqu’à 3), et qui sache nager longtemps.
Vous, vous sombreriez en même temps que le navire.
Il n'y a pas de honte à préférer la terre ferme. Il y a des êtres inadaptés partout dans ce vaste monde. »

Le Capitaine a raison. Malgré ces critères drastiques d'embarquement, tous ne reviendront pas.
Alors, vous devriez vous contenter de cet adieu...
D'ailleurs, dans sa grande sollicitude, le Capitaine vous réserve un dernier encouragement.
« Ne faites pas cette tête, nous aurons toujours besoin de mousses pour récurer le pont si le diable nous ramène.
Qui sait si vous ne vous trouverez pas mieux armé pour embarquer dans huit cents lunes ou soixante-sept piges... »

Vous voyez ? Il n'est pas si méchant...

Au moins 8 points d'embarquement.


« Pressons ! Pressons !
Le ciel est aux oiseaux de mer, et la mer, aux vieux loups imbibés d'alcool.
Vous êtes le nouvel officier de quart ?
Prenez le gouvernail !
Pour vos quartiers, nous verrons plus tard.
Quoi ! On vous avait pas dit ? Vous n’êtes pas formé ?
Aucune importance. Aucun d' ceux qui l’étaient n’en sont revenus, d' toutes façons..
Priez les étoiles de vous apprendre...
Et essayez de nous emmener ailleurs que sur un récif. Pour une fois...
Allez, on embarque !
Tirez la planche savonneuse et conduisez-nous.
Cap droit vers le plus grand Pont à haubans du monde.
Oui, parfaitement. Exactement, là !

À Royan, la soirée d’inauguration restera dans toutes les mémoires.
Mais vous, vous resterez de quart.
Nul besoin de strass ou de paillettes, n'est-ce pas ?
Seul(e) à la proue du navire, vous n’aurez que vos yeux à fermer pour naviguer aux étoiles. »

Vous voilà donc à bord. Condoléances..., pardon... Félicitations.
Si les astres sont cléments, ils vous dessineront les coulisses où les figurants de l’ombre tissent les soies de l’intrigue avant de s'y noyer.
Comme eux, vous résonnerez aux vibrations du thriller... Jusqu’au point aigu des transcendances.
Là où les haubans du Pont restituent les nappes que l’Univers drape aux bras des galaxies.
Par dessus les eaux noires, vous serez ce chant silencieux qui puise son inspiration dans les événements à venir pour aller composer...
Par delà l’espace et les hommes…
... la Symphonie du Temps.

Vous n'en douterez jamais : la nuit sera longue.
Elles le sont toutes...
À l’aube, le cri des mouettes vous avertira du peu de temps imparti qu'il vous reste...

Je vous laisse, le Capitaine vous appelle.

« Hardis, Marins ! Sus à votre nouvel officier de quart !
Suivez-le tant qu’il vous mène à la fortune !
Trucidez-le, sitôt que vous soupçonnerez qu’il vous mène à votre perte !
Quant à moi, je retourne disserter avec la dernière pochtronne embarquée.
Qu'on nous apporte à boire !
Et qu'on me prévienne quand la proue de ce fichu rafiot raclera terre de nouveau...
Haro ! Sus à la gueuse ! »

Le ventre de la mer est insatiable.
À la fortune du pot, nul ne tape sans mérite, mais qu'importe... Hardis, toujours...
Car, après le repos du matelot...

Après le Pont de Royan...
La mer, toujours généreuse, ouvrira à votre intention un nouvel horizon maudit :

San’g...


L’îlot malaisien, sur nulle carte mentionné.